Changer de l’euro en franc suisse facilement et en toute sécurité

Un premier résumé rapide est nécessaire un an après la publication de notre analyse de l’apparition de la pandémie, que vous trouverez ci-dessous. La situation n’a pas beaucoup changé malgré une forte hausse de l’euro au début de l’année. La tendance baissière de l’euro reste pertinente, mais certains facteurs sous-jacents ont évolué.

Le « désavantage » des déficits budgétaires

Sur le front des finances publiques, la donne n’a pas bougé d’un iota. Les poids lourds de la zone euro, Allemagne et France en tête, ont fait plier les petits pays inquiets de leurs comptes. L’Italie, souvent considérée comme maillon fragile, est désormais dirigée par le rassurant Mario Draghi. Outre-Atlantique, les Américains continuent d’injecter massivement des liquidités. Pendant ce temps, la Suisse cultive la prudence et son budget reste maîtrisé.

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Hausse, turbulence et tendance baissière : une année mouvementée

La flambée de l’euro en mars a illustré l’optimisme des marchés après les annonces de la Banque centrale européenne. Les investisseurs ont quitté les monnaies refuges, attirés par la promesse de meilleurs rendements. L’espoir d’une production rapide de vaccins efficaces a renforcé ce mouvement. Entre février et mars, la parité est passée de 1,07 à 1,1 franc suisse pour un euro.

Mais cet élan a vite laissé place à des incertitudes et des variations spectaculaires des taux de change entre mars et juin. La reprise américaine, dopée par une vaccination à grande vitesse, a poussé les investisseurs à délaisser l’euro pour le dollar.

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L’euro reste désormais en retrait face au franc suisse. Le taux a glissé sous la barre des 1,09 francs suisses pour 1 euro.

Des taux négatifs… quand l’inflation revient

La Réserve fédérale américaine a remonté ses taux directeurs dans le vert, tout comme la Banque d’Angleterre. La BCE suit le mouvement. En Suisse, les taux restent en territoire négatif. Résultat : l’épargne s’érode, surtout avec le retour de l’inflation.

La levée progressive des restrictions sanitaires, les plans de relance et les difficultés logistiques sur le fret mondial participent à la montée de l’inflation. Si la hausse reste timide en Suisse et en Europe, elle atteint déjà des sommets aux États-Unis, renouant avec les niveaux de 2008.

Dans ce contexte, sur le moyen et le long terme, garder son épargne en francs suisses reste un choix judicieux pour les résidents, expatriés, travailleurs frontaliers ou nomades numériques.

Crypto-monnaies… Des refuges ?

L’or demeure la valeur refuge classique. Mais d’autres actifs gagnent du terrain comme réserves de valeur : l’argent, mais aussi le Bitcoin et d’autres crypto-monnaies émergent comme alternatives crédibles aux côtés du franc suisse.

Le Bitcoin n’est plus seulement perçu comme un actif spéculatif. Certains l’utilisent pour protéger leur patrimoine à long terme. Entre la Chine, qui tente de bannir le minage de Bitcoin, et le Salvador, qui lui donne valeur légale, ce nouvel or numérique n’a pas fini de surprendre.

Le taux EUR/CHF décroît depuis juin dernier. Après avoir longtemps évolué entre 1,11 et 1,15, il oscille désormais entre 1,05 et 1,07. Soit une chute d’environ 8,5 %.

Les mesures récemment prises pour soutenir l’activité face à la Covid-19 n’ont pas suffi à inverser la tendance pour les actifs des travailleurs frontaliers. Il faut donc comprendre pourquoi l’euro s’est autant déprécié et ce que cela implique.

La zone euro prise au piège de la dette

Le talon d’Achille de la zone euro, c’est l’ampleur de l’endettement des pays du Sud. L’Italie affiche un ratio dette/PIB de l’ordre de 135 %, la France dépasse désormais les 100 %.

Pour mesurer l’ampleur du problème en France :

  • Le déficit budgétaire frôlait les 93 milliards d’euros en 2019
  • La dette est passée de 2 315 milliards d’euros fin 2018 à 2 415 milliards fin 2019
  • En 2019, le paiement des intérêts de cette dette a coûté plus de 40 milliards d’euros, soit 13,28 % du chiffre d’affaires de 301 milliards d’euros de l’État
  • Ces 40 milliards d’intérêts représentent 43 % du déficit budgétaire de 2019

Face à ces chiffres, le gouvernement français préfère positiver : la baisse des taux, parfois même négatifs, réduit la charge de la dette.

Mais l’agence de notation Moody’s ne partage pas cet « optimisme ». Le 24 février, elle a abaissé la perspective de la dette française, la passant de positive à stable. Ce signal traduit un doute sur la capacité à contenir la dérive dans la durée.

Privé de marge de manœuvre, l’État français peine à convaincre avec ses réponses au déficit. Les agences de notation et les règles européennes imposent rigueur et coupes budgétaires, mais la population ne valide pas les sacrifices exigés par un État qui a voté 45 budgets déficitaires depuis 1975.

Côté italien, les finances publiques sont encore plus fragiles qu’en France. À cela s’ajoute l’instabilité politique : le Mouvement 5 étoiles a perdu son président Luigi Di Maio en janvier, et une crise gouvernementale pourrait ramener Matteo Salvini, partisan d’une ligne dure anti-Europe.

Le PIB combiné de la France et de l’Italie atteint 4 110 milliards d’euros, bien au-delà des 3 435 milliards de l’Allemagne. Deux géants dont les faiblesses budgétaires ne sont pas compensées par la gestion rigoureuse du Nord. Cette spirale de la dette contribue directement à la perte de vitesse de l’euro face au franc suisse.

Les épargnants en euros : effets des taux d’intérêt négatifs

Pour éviter la faillite des États du Sud et soutenir l’économie, la BCE a instauré une politique de taux négatifs et de rachats d’actifs depuis 2014. En septembre 2019, la BCE a abaissé son taux de dépôt de -0,10 % à -0,50 %.

À court terme, cela a permis à la Grèce, l’Italie et la France de souffler, en allégeant la charge des intérêts. Mais cette solution ne règle pas les déséquilibres structurels.

Sur le long terme, ces taux négatifs ont des conséquences néfastes pour les épargnants et les banques. Le 30 octobre 2019, à la veille de son entrée en fonction, la présidente de la BCE Christine Lagarde adressait ce message aux épargnants : « Nous serons plus satisfaits d’un travail que d’une épargne protégée. Je pense que c’est dans cet esprit que mes prédécesseurs ont déterminé les politiques monétaires, et je pense que c’est un choix très bénéfique. »

Cette déclaration laisse entrevoir l’avenir incertain de l’assurance vie en euros. Longtemps considérée comme le placement favori des Français, avec une garantie du capital et un rendement correct, ce support repose à près de 80 % sur des obligations. Or, désormais, la majorité de ces obligations sont à taux négatif, ce qui grignote progressivement les actifs des fonds. D’ici quelques années, ce placement autrefois sécurisant pourrait bien s’avérer destructeur d’épargne.

Les épargnants en francs suisses : effets des taux négatifs

Depuis 2015, la Banque nationale suisse applique aussi des taux négatifs. Mais là, l’objectif est de soutenir la compétitivité des exportateurs et freiner l’envolée du franc.

Après cinq ans de cette stratégie, quel est le constat ? Le franc suisse attire toujours autant les investisseurs, même si la BNS aurait préféré modérer cette appétence. Les périodes de tensions économiques ou géopolitiques renforcent la monnaie helvétique, malgré des taux négatifs.

Les effets négatifs de cette politique sont bien là. Les frontaliers qui placent leur épargne dans les piliers suisses verront leur retraite grignotée, avec des rendements nuls, voire négatifs. Ceux dont le prêt hypothécaire en francs suisses dépassait 1,10 s’exposent à des pertes en cas de revente forcée.

Des deux côtés de la frontière, les taux négatifs font des dégâts, mais le franc suisse reste exposé à moins de risques de dépréciation que l’euro. Pour ceux qui travaillent entre la Suisse et la France, miser sur le franc suisse reste plus sûr. Depuis 2015, la dépréciation de l’euro a coûté cher à ceux qui avaient tout misé sur la monnaie européenne.

Banques européennes : effets des taux négatifs

La persistance des taux négatifs mine la rentabilité des banques et fragilise leur stabilité. Des milliers d’emplois sont menacés. Quelques exemples récents l’illustrent :

  • En Allemagne, depuis novembre 2019, la Volksbank Raiffeisenbank de Munich applique un taux négatif de -0,50 % dès le premier euro déposé.
  • Dans le même pays, la Deutsche Bank affiche une santé précaire : elle a perdu 5,7 milliards d’euros en 2019 et prévoit de supprimer 18 000 postes. Après deux tentatives de fusion avortées avec Commerzbank et BNP Paribas, aucune restructuration majeure n’est engagée.
  • En France, HSBC quitte le marché, réduit sa présence européenne et oriente ses activités vers l’Asie. Elle s’apprête à céder ses 270 agences et 800 000 clients pour moins de 50 millions d’euros.
  • En Italie, le 16 décembre 2019, la Banca Popolare di Bari a échappé à la faillite grâce à un sauvetage public : 900 millions d’euros ont été injectés.

La situation des banques et les perspectives peu réjouissantes pour les épargnants alimentent la baisse de l’euro face au franc suisse.

L’Europe à l’épreuve du coronavirus

La gestion des conséquences économiques du coronavirus occupe tous les gouvernements. En Europe, l’impact de la pandémie sur les économies nationales agit comme un révélateur : les pays les plus vulnérables avant la crise sont ceux qui souffrent le plus.

La montée brutale des taux souverains à 10 ans en Italie et en France confirme cette fragilité. La pandémie met à mal la cohésion européenne, pilier de la valeur de l’euro.

La crise frappe alors que le budget de l’Union européenne doit être repensé après le Brexit. Le départ du Royaume-Uni, contributeur net, laisse un trou difficile à combler.

Le 24 février, les dirigeants européens devaient voter le premier budget post-Brexit de l’Union. Un accord s’est révélé impossible. Les pays surnommés « frugaux », Danemark, Pays-Bas, Suède, Autriche, ont exigé que le budget ne dépasse pas 1 % du RNB de l’Union.

La violence du choc économique lié aux confinements a renforcé les tensions et le repli national. Deux réactions principales se sont multipliées :

  • fermeture inattendue des frontières
  • annonces fiscales en ordre dispersé, chaque État agissant seul

La BCE, seule à parler d’une voix forte, s’impose comme l’acteur clé. Les institutions politiques, elles, sont reléguées à l’arrière-plan.

La Suisse est stable jusqu’à présent

En Suisse, les fondamentaux économiques étaient solides avant la crise du coronavirus :

  • un excédent budgétaire de 3,1 milliards de francs suisses en 2019
  • une dette brute de 99,4 milliards de francs suisses
  • un ratio d’endettement à 13,9 % du PIB
  • un taux de chômage de 2,2 % en 2019

Cette bonne santé résulte d’une gestion budgétaire rigoureuse et du respect de règles strictes, comme le frein à l’endettement inscrit dans la loi.

Grâce à ses finances publiques solides, la Suisse semble mieux armée que l’Europe pour absorber le choc du confinement. Le franc suisse devrait donc rester ferme face à l’euro dans les mois à venir.

EUR/CHF : point de vue graphique

À court terme, l’euro reste dominé par le franc suisse. Le graphique montre que la devise européenne plafonne sous ses moyennes mobiles à 20 et 50 jours. Fin février, un rebond a été stoppé net, à la fois par la résistance technique à 1,0711 et par la moyenne mobile à 50 jours.

La baisse s’est interrompue sur un support fragile à 1,053. Si la baisse se poursuit, le prochain seuil se situe à 1,039. Dans les prochains jours, l’euro pourrait évoluer dans une fourchette étroite entre 1,053 et 1,062, sous l’influence des moyennes mobiles. Un retour vers 1,0711 semble compromis à court terme.

L’Europe du Nord contre l’Europe du Sud ?

La pandémie frappe une Europe déjà fragilisée, au moment où ses équilibres économiques et politiques sont sous tension. Le coronavirus pourrait bien être le déclencheur d’une récession, voire d’une cassure de la zone euro. L’outil monétaire de la BCE ne suffit plus. La création monétaire ne règle pas tout : le risque de fragmentation européenne s’intensifie. Le clivage entre Nord et Sud pourrait devenir insurmontable lors des négociations budgétaires.

Face à la crise, la BCE a annoncé un plan de relance de 750 milliards d’euros, bousculant l’avis de l’Allemagne et des Pays-Bas. Si certains pays finissent par considérer l’Union comme un boulet, la tentation de la quitter ou de se regrouper entre « affinités » existe. Seul un projet politique ambitieux, tel que le fédéralisme, pourrait enrayer la désunion. Mais pour l’instant, la dynamique est à l’opposé.

Un peu de prévoyance…

Période inédite, réactions inédites. Aux États-Unis, la Maison Blanche et le Sénat ont validé le 25 mars un plan d’aide historique : 1 200 dollars par adulte et 300 dollars par enfant. Un « chèque d’hélicoptère » de 2 milliards de dollars, du jamais vu.

À Genève, l’économiste Cédric Tille n’écarte pas une distribution d’argent aux ménages suisses, à condition qu’ils puissent le dépenser, ce qui reste compliqué quand tout est fermé.

La Suisse sera aussi touchée par la Covid-19, mais l’impact devrait être moins brutal qu’en Europe. Sa force financière lui donne des marges pour agir face à la récession. Si besoin, la Confédération pourra accorder des prêts sans difficulté.

Dans ce contexte, à moyen et long terme, il paraît plus judicieux que les travailleurs frontaliers gardent leur épargne en francs suisses. Cela devrait leur offrir une protection contre une chute brutale de l’euro qui se profile.

Comment changer ses francs suisses en euros

Vivre en Suisse ou en France, c’est jongler avec des avantages et des contraintes : salaires plus élevés côté suisse, coût de la vie aussi, alors qu’en France, le quotidien est plus abordable. Les taux de change varient d’un pays à l’autre, et certaines devises deviennent plus attractives.

Si vous souhaitez convertir des euros en francs suisses ou inversement, plus d’informations via ce lien sont disponibles pour vous guider.

Changer son argent n’a rien de compliqué : il suffit de se rendre dans une banque ou un bureau de change, ou même de choisir une solution en ligne. Les raisons peuvent être variées : partir en voyage, faciliter les paiements sur place, ou encore optimiser son rendement en profitant de taux d’intérêt plus favorables.

Attention néanmoins : de nombreux établissements prélèvent des commissions élevées sur les conversions. Privilégier des plateformes sans frais cachés, comme Telexoo, permet d’éviter les mauvaises surprises.

La crise sanitaire a fragilisé presque toutes les banques européennes, il est donc plus que jamais nécessaire de faire preuve de vigilance avant de placer son argent. Certains pays ont vu leur déficit exploser, mais la France et la Suisse sont parvenues à limiter la casse.

Avant toute opération, renseignez-vous auprès de votre banque ou sur internet pour connaître le taux de change en vigueur et les meilleures méthodes pour convertir vos euros en francs suisses. Votre conseiller pourra également vous orienter vers la solution la plus adaptée à votre situation.