Guingamp arrache sa qualification pour les demi-finales de la Coupe de France, mais la victoire fut longue à se dessiner. Les joueurs de Ligue 1 ont dû attendre l’ultime minute du temps réglementaire pour venir à bout du petit poucet de cette édition.
Le tenant du titre tremble d’entrée
Tout avait commencé sur les chapeaux de roue pour les Nord-Bretons. Dès la troisième minute, Mandanne exploite un cafouillage après un corner et ouvre le score, de quoi croire que la soirée serait tranquille. Mais la compétition a rappelé une vérité simple : en Coupe de France, rien ne se déroule jamais vraiment comme prévu.
Ragaillardis par leur avance, les Guingampais se relâchent à peine, Concarneau en profite aussitôt. Vingt minutes plus tard, l’avant-centre des Thoniers reprend un centre de Richetin et lobe Samassa d’un geste plein de spontanéité (1-1, 21e). La hiérarchie se fissure. Le suspense grandit.
Concarneau, l’audace au rendez-vous
Une fois l’égalisation arrachée, Concarneau, pensionnaire de CFA, aborde le match sans le moindre complexe. Libérés, les joueurs du Finistère font vibrer les tribunes du Moustoir, dynamisent l’ambiance et bousculent le favori. Les occases s’enchaînent pour le petit poucet, la pression pèse sur Guingamp qui recule, tâtonne et doute pendant de longues minutes.
Mais peu à peu, la logique commence à reprendre ses droits. Les Rouge et Noir se ressaisissent, font circuler le ballon, investissent la moitié adverse et multiplient les assauts devant la cage concarnoise. Rien n’y fait, le verrou des amateurs tient bon.
Beauvue, la délivrance dans les arrêts de jeu
La seconde période démarre et l’intensité grimpe encore d’un cran. Douniama s’invente deux énormes occasions coup sur coup, mais la réussite lui échappe. Entre sur le terrain Claudio Beauvue, resté un temps sur le banc après avoir lutté contre une grippe doublée d’une otite.
La fatigue pèse, les minutes filent, Guingamp tente tout, Concarneau résiste. Beauvue se crée trois situations (70e, 76e et 78e), sans parvenir à trouver la faille. Mais la persévérance finit par payer : dans les tout derniers instants, il arme un coup franc limpide et propulse Guingamp dans le dernier carré. L’équipe peut souffler, le soulagement est palpable.
Pour aller plus loin et décrypter tous les temps forts de cette rencontre, il est possible de consulter deux analyses approfondies disponibles ici : http://www.topmercato.com/102456,1/coupe-de-france-guingamp-au-forceps-contre-concarneau.html et http://www.ouest-france.fr/coupe-de-france-guingamp-passe-larrachee-face-concarneau-3231105.
Crédit photo : http://www.lfp.fr/joueur/beauvue-claudio
Sur le banc, un choix qui change tout
Le coaching de Jocelyn Gourvennec a fait basculer la partie. Son pari d’intégrer Beauvue dans le dernier quart d’heure s’est avéré précieux. Le passage en 4-4-2, opéré au cœur de la période, a permis à Guingamp de serrer les rangs, d’injecter du danger devant et de priver Concarneau d’oxygène dans l’entrejeu.
Ce réajustement tactique a étouffé les velléités adverses : pressing haut, récupérations rapides, transitions coupantes. Certains joueurs se sont adaptés du bout des crampons, mais la dynamique a tourné. Les Blot, Diallo ou Mathis ont fait valoir leur métier, la machine s’est remise en route.
Grâce à cette montée en puissance collective, Guingamp s’est adjugé la maîtrise du terrain et a verrouillé la fin de match. Le réalisme retrouvé en attaque a fini par clore le suspense : le piège tendu par Concarneau n’a fait illusion que l’espace d’une soirée.
Ferveur dans les tribunes, respect sur la pelouse
Quand le coup de sifflet a retenti, la tension s’est soudain relâchée. Les supporters guingampais ont gratifié leur équipe d’une ovation méritée, conscients de l’effort fourni et de la ténacité affichée. Cette qualification, ils sont allés la chercher au mental.
Pour les Concarnois, la défaite a des allures de victoire. Les joueurs, et leurs fidèles, repartent le cœur gonflé d’avoir tenu tête à l’élite pendant plus de 90 minutes. Dans les travées, beaucoup ont longuement applaudi leur équipe, savourant autant l’aventure que l’esprit de combat.
Le Roudourou, qui affichait près de 7 500 spectateurs ce soir-là, s’est transformé le temps d’un derby en un chaudron où la rivalité et la passion bretonnes ont jailli dans chaque chant, chaque banderole, chaque regards échangé. Les derbys ont ce supplément d’âme qui fédère bien au-delà du résultat, la Bretagne du foot s’est donné rendez-vous pour un vrai moment de sport, d’émotion et de respect mutuel.
Guingamp n’a pas plié, Concarneau n’a pas rompu, le genre de soirée qui donne au football régional toute sa grandeur. À l’heure de rentrer, bien rares sont ceux qui n’avaient pas le sourire ou la voix un peu éraillée. Tout le sel d’une Coupe : la fierté, les frissons, l’histoire en marche.


